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Un mal méconnu qui freine votre leadership

Aujourd’hui je vais évoquer un fléau qui gâche des milliards de vie sur notre planète (non, il ne s’agit pas de Justin Bieber…).

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Et je crains que si vous lisez ces lignes, vous soyez vous aussi concerné…

Peut-être même sans en avoir conscience.

Dans cet article, je vais vous expliquer ce phénomène, ses conséquences négatives, et comment le vaincre.

Mais tout d’abord, je vais vous raconter la première fois que je l’ai rencontré. Une drôle d’expérience…

Rencontre avec un imposteur

Dès que j’ai franchi la porte de cette entreprise, je savais que ma vie allait changer.

Je passais du statut « d’étudiant » à celui de « professionnel ». Un nouveau monde s’ouvrait à moi, et je devais adapter ses codes pour le conquérir.

J’ai donc jeté mes baskets et mes jeans troués pour adopter le costume et les chaussures cirées, fait des efforts pour ne plus proférer de jurons, et appris l’étrange jargon professionnel que parlait ma nouvelle « tribu ».

« Aie l’air naturel »

Mais malgré tous ces efforts, quelque chose coinçait ; je ne me sentais pas à ma place.

La belle théorie que j’avais apprise à l’école ne me servait à rien. Je me noyais dans la complexité du secteur d’activité. Et je n’arrivais pas à comprendre comment l’entreprise fonctionnait et savoir qui servait à quoi.

Bref, la catastrophe.

Pour compenser, tel un acteur sur une scène de théâtre, je jouais un rôle. J’essayais de donner l’image d’une personne compétente, mais, au fond, je me sentais comme un charlatan.

 » Je n’ai aucune idée de ce que je fais »

Et je redoutais le moment où je serais démasqué. J’étais persuadé que tôt ou tard, quelqu’un découvrirait la supercherie, et que je finirais attaché à la machine à café, en offrande au dieu R’tété.

Bien évidemment, ce moment ne vint jamais.

J’ai continué à vivre dans la crainte pendant six mois. Puis, face aux compliments que je recevais et aux quelques succès auxquels j’ai contribué, j’ai dû me résigner : finalement, je n’étais peut être pas un imposteur.

J’ai appris par la suite que ce que j’avais vécu était un phénomène très commun.

Un monde rempli d’imposteurs

Vous trouvez peut-être que mon histoire présente d’étranges similarités avec un épisode de votre vie.

Ne soyez pas surpris. Le syndrome de l’imposteur existe vraiment, et il  toucherait 70% d’entre nous. 

Vous avez bien lu.

La majorité des personnes autour de vous connaissent ou ont connu :

  • le sentiment d’occuper une fonction pour lequel elles manquent de diplômes/compétences/expériences
  • la peur d’être démasqué
  • la fâcheuse tendance à attribuer leurs succès à la chance ou aux erreurs des autres

La plupart du temps, le syndrome de l’imposteur apparaît après une promotion ou un changement de carrière.

Le pire dans tout ça ?

Il ne possède aucun lien avec le talent ou la compétence réelle. Il n’est que pure invention de l’esprit.

En 1938, John Steinbeck, dans un moment de doute, confiait à son journal intime « Je ne suis pas un écrivain, j’ai trompé les autres et moi-même ».

Un an après, il remportait le prix Pullitzer pour son livre « les raisins de la colère ».

Mais il ne s’agit pas d’un cas isolé, voici d’autres célébrités atteintes de ce mal :

  • Albert Einstein
  • Sheryl Sandberg
  • Emma Watson
  • Robert Pattinson
  • Jennifer Lopez
  • Tom Hanks
  • Et même Lady Gaga !

Je ne sais pas pour vous, mais je ne trouve pas d’imposteur dans cette liste.

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« 38ème jour, ils n’ont toujours rien remarqué »

La peur d’être démasqué est extrêmement commune chez les gens talentueux, elle est la première peur des dirigeants d’entreprises.

Et, comme nous allons le voir, elle est totalement infondée.

L’illusion de l’incompétence

Le problème avec le monde, c’est que les gens intelligents sont pleins de doutes tandis que les plus stupides sont pleins de confiance…

Bertrand Russel

Les « faux-imposteurs » possèdent deux caractéristiques typiques:

  • Ils désirent faire du bon travail
  • Ils se remettent en question

Comme Socrate, qui affirmait ne rien savoir alors qu’il était l’un des plus grands sachant d’Athènes, ils sont conscients de leur limites. Et pour compenser ces « manques » ils travaillent, parfois plus que de raison.

Mais en réalité, ils sous-estiment leurs compétences. Plusieurs études ont illustré ce phénomène, dont une parue dans la Harvard Business Review qui portait sur le leadership.

Sa conclusion ? Les bons leaders se croient moins bons qu’ils ne le sont réellement.

Crédit: HBR.org

Autrement dit, si vous pensez être un imposteur, vous n’en êtes probablement pas un. 

Car les vrais imposteurs sont trop incompétents pour savoir qu’ils sont incompétents. Ils sont victime d’un autre syndrome, celui de Dunning-Krugger.

Donc, mieux vaut penser qu’on est un imposteur qu’en être un réellement. Mais est-ce si positif que ça ?

Pas vraiment… Car même s’il est le « moins pire » des deux, le syndrome de l’imposteur ralentit notre carrière et freine notre leadership.

Pourquoi le syndrome de l’imposteur est néfaste pour votre carrière et votre leadership

Nous l’avons vu, beaucoup de « faux-imposteurs » accomplissent des prouesses.

Donc, oui, vous pouvez réussir en dépit du syndrome de l’imposteur.

Vous pouvez aussi terminer un marathon avec les poignets attachés dans le dos, ou avec des orties dans le slip, pour autant, en auriez-vous envie ?

Vous finiriez certes la course, mais vous n’iriez pas aussi vite que vous auriez pu et vous n’y prendriez aucun plaisir.

De la même façon, travailler avec le syndrome de l’imposteur vous empêchera d’exploiter pleinement votre potentiel et rendra votre vie désagréable.

Car tant que vous ne vous débarrasserez pas de lui vous continuerez à :

  • Craindre d’affirmer et défendre vos idées
  • Fuir certaines conversations importantes, de peur de passer pour un incompétent
  • Eviter de demander plus de responsabilités
  • Refuser des challenges pour lesquels vous êtes qualifiés
  • Vous dévaloriser
  • Prendre vos collègues pour des hypocrites quand ils vous complimentent
  • Stresser et travailler plus que de raison (pour éviter d’être démasqué), au risque de finir en burn-out

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Vous pensez que ces comportements apportent des bénéfices à votre carrière ?

Et qu’en est-il de votre leadership ?

Croiriez-vous en quelqu’un qui ne croit pas en lui ? Qui craint de s’affirmer ? Qui refuse de prendre des risques et de se battre ?

Je ne sais pas pour vous, mais si j’injectais toute mon énergie physique et intellectuelle dans un projet, j’attendrais de la personne en charge qu’elle respecte mes efforts et qu’elle donne son maximum pour mener à bien notre projet.

A quoi bon travailler pour une personne qui va se coucher à la première difficulté ?

Bref, mieux vaut se débarrasser de cet indésirable.

Comment se débarrasser du syndrome de l’imposteur ?

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Sa meilleure place, c’est dehors

Pour éliminer ce fléau de votre vie, je vous propose un plan d’attaque en six étapes:

  1. Oubliez le perfectionnisme. Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour être bon dans votre travail. Et même si vous faîtes des erreurs, voyez-les comme une opportunité d’apprendre et une nécessité au succès.
  2. Prenez un bain de réalité. Remettez en question vos pensées négatives en cherchant des preuves que vous êtes compétent.
  3. Rappelez-vous que tout le monde a des doutes. Même Tom Hanks. Avoir des doutes ne signifie pas manquer de talent.
  4. Acceptez vos succès. Remarquez combien votre travail acharné, vos qualités et compétences y ont contribué. Ne les dévaluez pas,  ne les attribuez pas à la chance ou à quelqu’un d’autre.
  5. Ne vous comparez pas aux autres. Le problème des comparaisons est qu’elle se focalisent sur les manques. Concentrez-vous plutôt à donner le meilleur de vous-même.
  6. Acceptez les compliments. Dans la majorité des cas, quand les gens vous complimentent, ils pensent vraiment ce qu’ils disent (sauf quand c’est votre maman).

Si vous suivez ces actions, le syndrome de l’imposteur ne sera plus pour vous qu’un mauvais souvenir.

Conclusion :

La majorité des personnes connaît ou a connu un épisode de syndrome de l’imposteur. Il se caractérise par le fait de penser que l’on manque de compétences pour accomplir notre travail, et que l’on se fera tôt ou tard démasquer.

Même si on peut réussir en dépit de ce syndrome, il vaut mieux s’en débarrasser car il nous rend moins efficace dans notre carrière et affaiblit notre leadership.

Pour s’en libérer, il faut respecter six étapes:

  • Oublier le perfectionnisme
  • Prendre un bain de réalité
  • Se rappeler que tout le monde a des doutes
  • Accepter ses succès
  • Ne pas se comparer aux autres
  • Accepter les compliments

Je souhaiterais terminer par une magnifique citation.

Notre peur la plus profonde
n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur,

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites.

C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus.

Nous nous posons la question…
Qui suis-je, moi, pour être brillant,
radieux, talentueux et merveilleux ?

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?

Marianne Williamson

Libérez-vous de ce syndrome idiot et rayonnez ! Vous le méritez bien.

A votre tour de rayonner !

Le leadership vous intéresse ? Alors venez découvrir votre style de leadership avec ce quizz.

 

Vous pouvez aussi rejoindre notre groupe LinkedIn : « Leadership à la Française » afin d’y trouver des ressources pour devenir un meilleur leader et partager vos expériences.

 

Si vous avez aimé l’article, et que vous pensez qu’il peut être utile à quelqu’un d’autre, partagez-le ! 

 

Published inForger un mental d'acier

12 Comments

  1. Lucien Lucien

    Le syndrome de l’imposteur est surement un des problème les plus difficile à combattre. En fait, je ne sais pas si on peut l’éliminer complètement parce que ça voudrait dire qu’on ne douterai plus jamais de nous même et se serait peut être dangereux.
    En tous cas, merci de ces outils !

    Ce qui m’aide e plus, c’est de me dire que tout le monde doute, ça me permet souvent d’agir malgré la peur 😉

    À bientôt,
    Lucien

    • Destination Leadership Destination Leadership

      Bonjour Lucien,

      Merci pour ce commentaire plein de sagesse 🙂

      A bientôt
      Vincent

    • Destination Leadership Destination Leadership

      Excellente idée !

  2. Merci pour cet article dans lequel je me reconnais complètement. Et en tant que maman je tiens à préciser que je suis toujours très sincère quand je fais des compliments à mes enfants😊

    • Destination Leadership Destination Leadership

      Je n’en doute pas Christine 😉

      Merci pour votre commentaire !

  3. Mohsen Mohsen

    Merci pour cet article, je me reconnais dans la majorité des moments relatés. Effectivement, ce n’est pas sûrement au hazard qui est due la réussite de quelqu’un. Sûrement au compétences, au efforts, au dont, en un mot c’est mérité.
    Mohsen. Tunisie

    • Destination Leadership Destination Leadership

      Bonjour Mohsen.

      Je vous en prie, avec plaisir.

      Pour le reste, je suis tout à fait d’accord avec le reste de votre message.

      Excellente continuation.
      Vincent

  4. CIANTAR DOMINIQUE CIANTAR DOMINIQUE

    Merci pour cet article et merci à qui me l’a conseillé. Cela m’a permis de mettre des mots sur un ressenti qui m’a toujours accompagnée. Définir quelque chose permet de l’identifier pour mieux le combattre ou l’apprivoiser…
    Dominique

  5. Destination Leadership Destination Leadership

    Bonjour Dominique, merci pour votre commentaire.

    Vous avez tout à fait raison identifier « l’ennemi » permet de mieux le combattre, et je suis content que l’article ait pu vous y aider.

    Bonne continuation
    Vincent

  6. Merci pour cet article tellement vrai ; et oui, difficile de le dire, mais je me reconnais dans cet article.
    Bien à vous
    Marie-Paule

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