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Leadership : les 5 pouvoirs pour l’acquérir et le faire grandir

Aujourd’hui nous allons traiter un sujet passionnant: le pouvoir.

Dans nos vies professionnelles ou personnelles, souvent nous nous demandons  : « Comment m’y prendre pour que cette personne fasse ce que je souhaite ? »

Que ce soit envoyer notre fille de dix ans au lit,  faire en sorte que le comptable rembourse rapidement nos notes de frais, ou veiller à ce que notre collaborateur boucle un dossier important avant la fin de la semaine, nous cherchons en permanence à amener les autres à faire ce que nous voulons.

Et pour arriver à nos fins nous disposons de cinq pouvoirs.

Ceux-ci ont été identifiés par les chercheurs en psychologie sociale French et Raven.

Dans cet article, je vais vous présenter ces 5 pouvoirs et les illustrer avec un exemple concret. Puis je vous montrerai quels pouvoirs sont les plus efficaces pour devenir un leader. Pour cela j’utiliserai votre expérience personnelle, les travaux d’un gourou du leadership et une petite fable.

Commençons par découvrir ensemble les 5 pouvoirs de French et Raven.

Ils se divisent en deux grandes familles : les pouvoirs « formels » ou « positionnels » et les pouvoirs « personnels ».

Pour les illustrer de façon pratique, faisons un jeu de rôle.

Imaginez que vous soyez à la tête d’une équipe de jardiniers, et que l’un d’eux refusent de tailler une haie car celle-ci se trouve dans un endroit peu fréquenté et qu’il n’en voit donc pas l’utilité.

5 pouvoirs

Voici  comment vous pouvez l’amener à « coopérer », avec chacun des pouvoirs.

Les pouvoirs formels

Le pouvoir légitime

Va tailler cette haie, car je suis le chef et je te le demande

Ce pouvoir découle de la position hiérarchique. Généralement, posséder le statut de chef suffit pour obtenir la coopération de ses collaborateurs. C’est donc la forme de pouvoir la plus utilisée. Quand le directeur général d’une entreprise demande à un collaborateur quelque chose, celui-ci s’exécute, simplement parce que « c’est le directeur ».

5 pouvoirs

Le pouvoir coercitif

Si tu ne tailles pas cette haie, je te mets un avertissement.

Utiliser le pouvoir coercitif c’est se servir de la force et des menaces pour arriver à ses fins. Par exemple, un manager peut utiliser les avertissements, menacer de retirer son collaborateur d’un projet important ou de le rétrograder.

Vous vous souvenez de la terreur de la cour de récré qui vous obligeait à « partager » votre goûter ? Il utilisait le pouvoir coercitif.

5 pouvoirs
Goute mon gâteau…où je m’énerve

Le pouvoir de récompense

Si tu tailles cette haie, je te laisserais rentrer chez toi plus tôt aujourd’hui.

Le pouvoir de récompense est l’opposé du pouvoir coercitif. On donne quelque chose en échange de l’obéissance.

Quand votre manager vous fait miroiter une prime, une augmentation ou une promotion, il utilise le pouvoir de récompense.

5 pouvoirs

Passons maintenant à l’autre famille de pouvoir : les pouvoirs personnels.

Les pouvoirs personnels

Le pouvoir d’expertise

Si tu ne tailles pas cette haie, elle va continuer de s’élever et va faire trop d’ombre aux arbustes que nous avons planté cet hiver, ce qui les tuera.

Ce pouvoir s’appuie sur l’information, l’expertise ou la connaissance. Quand les autres reconnaissent que nous savons de quoi nous parlons, ils accordent plus de poids à notre parole.

5 pouvoirs

Le pouvoir de référence

Je sais que tu n’as pas envie de tailler cette haie, mais fais-le pour moi s’il te plaît.

Ce pouvoir découle du caractère et de la capacité à entretenir des bonnes relations sociales. Quand on respecte et/ou qu’on apprécie quelqu’un, on a envie de lui faire plaisir et on accède plus facilement à ses requêtes qu’à celles des autres personnes.

5 pouvoirs

Les enfants utilisent très bien ce pouvoir. Toute la journée ils préparent leur « coup » en se montrant sages et mignons, puis passent à l’action et font leur demande.

5 pouvoirs
Range ce sourire, ça ne marche pas avec moi….Bon d’accord voilà 100 euros pour des bonbons

Maintenant que vous connaissez ces 5 pouvoirs, nous allons utiliser votre expérience personnelle afin de déterminer lesquels sont les plus puissants.

Le meilleur manager de votre vie

Faisons une petite expérience.

Repensez au meilleur manager que vous ayez eu.

5 pouvoirs

Selon-vous, pourquoi cette personne occupe une telle place dans votre mémoire ? Qu’est ce qui fait qu’elle vous a autant marqué ?

Est-ce son titre prestigieux et son bureau plus grand qu’un terrain de foot qui vous ont aveuglé d’admiration et fait obéir comme un bon petit soldat ?

Ou sa capacité à éveiller la terreur en vous, telle le père fouettard sur un enfant, qui vous a poussé à abattre des montagnes ?

Ou bien parce qu’elle dopait votre productivité en agitant une promotion ou une prime sous votre nez ?

Probablement rien de tout ça.

Oui cette personne était votre supérieur hiérarchique et avait la possibilité de vous punir ou vous récompenser. Mais ce n’est pas cette raison qui a suscité votre adhésion.

Je suis sûr que son statut de « super boss » provient de deux éléments : ses compétences et la façon dont elle vous a traité.

Vous respectiez cette personne à la fois pour son expertise mais aussi pour le lien spécial qu’elle entretenait avec vous. Sans que ce soit une amie, le contact « passait bien » avec elle.

Autrement dit, sa principale influence venait de son pouvoir personnel et non formel.

Comment expliquer ce phénomène ?

Les limites du pouvoir formel

Lorsqu’on accède à un poste avec des responsabilités, on obtient les trois pouvoirs formels. On nous remet un titre, un bâton et une carotte.

5 pouvoirs
La panoplie complète du manager

Mais au fond quelle est leur vraie puissance ?

Bien moindre que ce qu’on pense.

Le titre confère l’autorité. Mais rien de plus.

Le bâton créé du ressentiment, et l’utiliser est rarement une bonne idée. Déjà parce qu’en France le salarié est bien protégé, donc que ses effets seront limités. Ensuite, parce que son abus amène démissions et arrêts de travail à foison.

La carotte peut être puissante dans certaines circonstances. Si la récompense promise donne envie, elle fera son effet. Mais elle entraîne aussi un phénomène de surenchère. Et en général, un manager ne distribue pas librement primes, promotions et augmentations, avant il doit demander la permission, il ne fait donc pas non plus comme bon lui semble avec ce pouvoir.

5 pouvoirs

Et ces outils posent un problème : ils créent peu d’engagement au travail.

Or pour beaucoup, l’engagement des salariés est devenu un facteur majeur de performance d’une entreprise. D’ailleurs les équipes où les salariés déclarent un fort taux d’engagement seraient 20% plus productives que les autres 

Vous me direz, on peut être engagé dans son travail malgré un mauvais manager.

Je vous réponds que c’est possible, mais très difficile.

Car de nombreuses études ont montré que la relation manager/managé est le premier facteur d’engagement au travail et serait responsable de presque 70% de l’engagement total.

Pour obtenir de l’engagement, il faut utiliser son pouvoir personnel.

La puissance du pouvoir personnel

Revenons sur votre meilleur manager pour illustrer les sondages évoqués.

Quand vous étiez sous sa responsabilité, n’avez-vous pas eu l’impression de faire du travail de qualité ?

Je pense que si. Et on peut attribuer cette performance à la complémentarité des deux pouvoirs.

D’une part, le fait de bien s’entendre avec lui vous mettait dans une bonne dynamique de travail. Vous n’aviez pas envie de le décevoir.

D’autre part, il vous apportait toujours de bons conseils et savait vous orienter dans la difficulté.

Un manager qui suscite l’adhésion (autrement dit un leader) possède toujours le pouvoir d’expertise et le pouvoir de référence.

5 pouvoirs
Développer son expertise est primordial

En fait la particularité de ces deux pouvoirs c’est qu’à la différence des pouvoirs formels, ceux-ci se méritent :

Et le pouvoir personnel possède aussi un énorme avantage : il vous permet d’obtenir de l’influence sur quelqu’un sur qui vous n’avez aucune autorité directe. Donc si vous êtes consultants ou que vous devez travailler avec des « égaux » ou des « supérieurs » misez sur votre expertise et votre sens du contact.

Pour faire le lien entre le pouvoir personnel et le leadership, je vous propose de découvrir le lien entre les 5 pouvoirs et les 5 niveaux de leadership identifiés par John Maxwell.

Le lien entre le pouvoir et les 5 niveaux de leadership

“Presque tous les hommes peuvent faire face à l’adversité ; mais si vous voulez tester quelqu’un, donnez-lui le pouvoir.”

Abraham Lincoln

Le gourou du leadership John Maxwell identifie 5 niveaux de progression pour atteindre le sommet du leadership, voyons leur correspondance avec l’utilisation des 5 pouvoirs :

  • 1- Le leadership de position: On suit le leader parce qu’il a l’autorité du poste → Pouvoir légitime
  • 2- Le leadership de relation : On suit le leader parce qu’on le désire → Pouvoir de référence
  • 3- Le leadership de résultat: On suit le leader parce qu’il obtient des résultats → Pouvoir d’expertise
  • 4- Le leadership de reproduction : On suit un leader parce qu’il nous aide à nous développer et à nous réaliser → Pouvoir d’expertise + de référence + de récompense
  • 5- Le leadership de respect: On suit un leader pour ce qu’il est → Pouvoir d’expertise + de référence
5 pouvoirs
A vous les sommets !

A l’étude de ces cinq niveaux, on découvre qu’hormis le pouvoir de récompense qui peut servir dans le leadership de reproduction, les pouvoirs formels n’aident pas le leadership. D’ailleurs, lorsque je vous ai parlé de la différence entre leader et manager j’ai évoqué ce phénomène.

On peut aussi penser que si les salariés Français font parti des plus désengagés d’Europe,  c’est en parti dû à notre culture de la hiérarchie qui favorise l’utilisation des pouvoirs formels.

L’illusion du pouvoir

Je voudrais terminer cet article par une courte histoire zen, qui montre combien le pouvoir est une illusion :

Au moyen âge, une guerre terrible ravagea le japon. Dans un des camps, un général avait acquis une réputation d’invincibilité et exécutait quiconque s’opposait à lui.

Alors qu’il planifiait l’attaque d’une ville, un éclaireur l’informa que toute sa population avait fui, à l’exception d’un vieux maître zen.

Curieux, le général rendit visite à cet homme. Lorsqu’il entra dans le temple, le maître zen refusa de le saluer, et le militaire comprit que le maître zen ne lui témoignerait aucun signe de respect.

Ceci le mit dans une colère noire. Furieux, il hurla, « Espèce d’inconscient, ne vois pas tu pas que tu as devant toi un homme qui peux te transpercer avec son épée sans même cligner des yeux ».

Le maître zen répondit alors avec un calme absolu : « Et vous, ne voyez-vous pas que vous avez devant vous un homme qui peut être transpercée par une épée sans même cligner des yeux ? »

5 pouvoirs
via Deviant Art

La morale de cette histoire ?

Le pouvoir est donné par la personne qui choisit d’écouter. Vous n’avez aucun pouvoir sur quelqu’un qui se moque de votre titre, de vos sanctions, de vos récompenses, de votre savoir et de votre personnalité.

Après, vous pouvez choisir de vous comporter comme le général. Et vous penserez posséder le pouvoir, car rare sont ceux qui accepteront de perdre leur emploi au nom de leur convictions. Mais en réalité, vous rencontrerez une résistance subtile. Les « résistants » prendront des temps de pause plus long, « oublieront » de vous parler de problèmes importants, refuseront de rendre certains services… Et au final ces petites actions s’accumuleront et finiront par faire des dégâts importants.

Conclusion : les 5 pouvoirs pour l’acquérir et le faire grandir

Vous l’aurez compris, tout manager dispose du pouvoir formel  mais le leadership réside dans le pouvoir personnel.

Un leader obtient sa crédibilité en démontrant son expertise. Il donne aussi envie aux autres de le suivre via sa personnalité inspirante et son bon sens du contact humain.

Pour autant, restons nuancé dans notre approche et gardons de la considération pour le pouvoir formel. Ce pouvoir reste la fondation de toute nos organisations car il permet d’établir des règles claires et d’obtenir des résultats corrects en toutes circonstances. On pourrait recenser de nombreux projets utopistes, basés uniquement sur le pouvoir personnel, qui n’ont suscité que le chaos.

Aussi, lorsqu’un membre d’une équipe est promu à la tête de celle-ci, un de ses plus grands challenges est d’apprendre à utiliser les pouvoirs formels pour mener le groupe où il le souhaite. Car les pouvoirs personnels suffisent rarement sans la capacité de pouvoir « trancher » que confère les pouvoirs formels.

Comme toujours, la vérité se trouve dans l’équilibre !

5 pouvoirs
Tout est une question d’équilibre !

Le leadership vous intéresse ? Alors venez découvrir votre style de leadership avec ce quizz.

 

Vous pouvez aussi rejoindre notre groupe LinkedIn : « Leadership à la Française » afin d’y trouver des ressources pour devenir un meilleur leader et partager vos expériences.

 

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Published inComprendre le leadership

2 Comments

  1. Fabuleux ! J’ai eu une expérience comme celle ci : j’étais manager dans une entreprise, et quelques personnes faisaient de la résistance. J’avais beaucoup de mal à créer l’adhésion avec une personne. Je n’ai jusqu’alors pas compris l’objet de son refus. J’avais démontré mon expertise, développé une bonne relation avec l’équipe. Probablement, elle ne me reconnaissait mon leadership.

    • Vincent - Destination Leadership Vincent - Destination Leadership

      Bonjour Dominique, merci beaucoup pour votre partage d’expérience !

      Et oui, vous le savez surement mieux que moi, parfois, même quand nous faisons les choses correctement, et malgré nos efforts, nous n’arrivons pas à développer une relation « productive » avec certaines personnes.

      Les humains ne sont pas des robots et nous ne pouvons malheureusement pas tout contrôler 🙂

      A nouveau, merci beaucoup pour votre contribution.

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