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Le micromanagement: pire ennemi du leader ?

Cette expérience, je n’étais pas près de l’oublier.

Tout juste diplômé du permis, j’avais proposé à ma mère de venir faire un tour avec moi. Je voulais frimer un peu en lui montrant ma conduite que je pensais impeccable.

Mais j’ai très vite compris mon erreur et déchanté.

« Ralentis avant le virage. Clignote plus tôt. Attention à la bordure. Change de vitesse. Arrête-toi plus loin. Change de file. Attention aux piétons… »

Cette balade devait être un plaisir, ma mère en avait fait un enfer.

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Au bout d’un moment, j’en ai eu marre. Je l’ai tout simplement abandonnée sur le bas-côté: »Tu m’as tellement fatigué que j’ai décidé que tu rentrerais à pied ». Puis, je suis parti, lunettes de soleil sur le nez, cheveux aux vents, et un petit sourire satisfait aux lèvres.

Je plaisante.

Si j’avais osé faire ça, je ne serais plus là pour en parler.

Non, je me suis résigné. Je lui ai timidement glissé : « Ecoute l’examinateur m’a donné le permis, c’est donc que je dois conduire plutôt bien non ? Mais puisque tu sais mieux que moi, prend le volant ».

Autant vous dire que cette année-là, j’ai pris soin de ne plus jamais la transporter avec moi.

Ce genre de situation, vous l’avez peut-être connu au travail, avec un chef jamais satisfait qui passe son temps à vous mitrailler de consignes et à vous contrôler. A tel point que vous vous sentez étouffé et en perdez tout plaisir à travailler.

Le nom de ce fléau ?  Le micromanagement

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Dans cet article je vais vous présenter ce mal en détail. A la fin de l’article vous saurez l’identifier chez vous ou chez les autres, vous connaîtrez les conséquences désastreuses qu’il peut avoir sur votre leadership, et vous saurez aussi comment vous en débarasser. Et c’est probablement plus difficile que vous ne le pensez !

Rentrons tout de suite dans le vif du sujet. Découvrons ensemble les six signes qui trahissent la présence d’un micromanager.

Les 6 signes d’un micromanager

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En général, quand on est micromanagé, on le sait ! Le micromanager possède six comportements qui gâche la vie des gens autour de lui :

  • Il délègue peu ou jamais : Le micromanager pense toujours pouvoir faire un meilleur travail que ses collaborateurs.  Il n’aime pas déléguer et préfère tout faire par lui même.
  • Il commande tout : Malgré son désir de tout faire seul, le micromanager se voit obligé d’attribuer des tâches  à ses collaborateurs. Mais il veut que celles-ci soient faites à sa façon. Il donne donc une liste de consignes très détaillée où il ne dit pas seulement quoi faire, il explique aussi précisément comment le faire.
  • Il contrôle tout : Le micromanager fait peu confiance. Il aime savoir  ce qui se passe en permanence au sein de son service, et prend toujours le temps de vérifier que ses consignes ont été appliquées à la lettre.
  • Il adore le reporting : Le micromanager souffre aussi de « reportomania ». Pour satisfaire son besoin de contrôle il demande souvent des reportings détaillés et non nécessaires sur des sujets annexes.
  • Il est obsédé par les détails : Le micromanager typique a beaucoup de mal à voir une situation dans sa globalité car il est aveuglé par les petits détails. Il peut passer quatre heures à s’occuper d’un point minime sans que le reste du travail avance. On pourrait dire « Quand le sage montre la lune, le micromanager regarde le doigt ».
  • Il décourage la prise de décisions indépendantes : Le micromanager déteste qu’un de ses collaborateurs prenne une décision sans le consulter. Même si celui-ci est tout à fait compétent.

Et vous vous en doutez, avec ces comportements il étouffe ceux qui travaillent sous sa responsabilité. Mais son micromanagement a aussi des conséquences négatives pour lui.

Les conséquences négatives du micromanagement

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En fait, l’idée même de micromanager quelqu’un est absurde.

Car le micromanager perd un temps fou à contrôler, vérifier, reprendre, le travail de ses collaborateurs. Et la valeur ajoutée qu’il apporte au travail des autres ne compense jamais le temps perdu.

Mais il détruit aussi à petit feu le plaisir à travailler et la confiance de ses collaborateurs. Au lieu de les rendre plus fort, il les affaiblit.

A votre avis, qu’est ce qui se passe quand on traite quelqu’un comme un incompétent, incapable de se débrouiller tout seul ? Il perd toute confiance en lui et devient hyper dépendant de la hiérarchie.

Voici un petit récapitulatif de tous les inconvénients du micromanagement.

Pour le micromanager :

  • Surcharge de travail
  • Collaborateurs peu performants et plus souvent absents
  • Service sous performant et avec un fort taux de turnover
  • Stagnation professionnelle
  • Mauvaise relations et conflits avec ses collaborateurs
  • Plus de résistance au changement

Pour le micro managé :

  • Moral faible
  • Pas de plaisir à travailler
  • Sentiment d’inutilité
  • Ennui
  • Désengagement
  • Pas de développement des compétences

Et tout ceci alimente un cercle vicieux.

micromanagement

Vous le voyez, mieux vaut se débarrasser de ce mal  comme d’un mauvais ongle incarné. Mais ce n’est pas aussi évident qu’il n’y parait.

Comment se libérer du micromanagement

Le micromanagement est l’ennemi du leadership.

Mais souvent le micromanager ne sait même pas qu’il a un problème. Il pense être un bon chef, responsable, et qui prend les choses en main. Son comportement part d’une bonne intention.

En fait, comme il ne sait pas observer, il ne voit pas l’impact de ses actions.

Et quand ses collaborateurs essaient de lui faire remarquer, il préfèrent les ignorer.

Car, le micromanager est prisonnier de son perfectionnisme. Et il est accro au contrôle, comme certains le sont à l’alcool.

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Son addiction le berce dans l’illusion qu’il maîtrise le monde autour de lui, et il est incapable de voir combien son comportement est néfaste.

Et, comme avec la boisson, pour se libérer de ce fléau il lui faudra traverser un sevrage difficile et fournir de sérieux efforts.

Mais la première étape sera déjà de s’apercevoir qu’il a un problème. C’est la plus difficile à passer.

Car rares sont les micromanagers qui se rendent compte par eux même de leur problème.  

Le manager qui a cette prise de conscience pourra initier un travail où il apprendra à déléguer et à freiner ses penchants de contrôle excessif.

Il entamera alors un long apprentissage. A ce moment, il pourra commencer par le plus important : apprendre à  accorder sa confiance et à communiquer efficacement. Plus tard, il pourra aller encore plus loin en apprenant l’art de faire monter en compétences ses collaborateurs et de délivrer du feedback.

Mais derrière toutes ces techniques, réside une épreuve plus importante à affronter : apprendre à lâcher prise et à accepter l’imperfection.

Libéré de sa drogue, le micromanager s’apercevra qu’il vit mieux sans elle, et ce sera gagnant-gagnant pour lui et son équipe.

micromanagement
Libérée…Délivrée…

Conclusion : Le micromanagement, pire ennemi du leader ?

Le micromanagement est un fléau qui frappe beaucoup de managers avec de bonnes intentions. Alors qu’ils veulent juste être de bons chefs responsables ils se transforment en machine à contrôler, obsédée par les détails et incapable de faire confiance à ses collaborateurs.

Mais leur comportement détruit le plaisir à travailler des personnes sous leurs responsabilités et les amènent à se désengager des tâches qui leurs sont attribuées. Elles se sentent inutiles et ne développent pas leurs compétences professionnelles.

Et donc le service connaît plus d’absentéisme et de départs, et un manque à gagner de productivité.

Avec le micromanagement, tout le monde est perdant.

Pour se libérer de ce mal, il faut déjà se rendre compte des conséquences de son comportement et accepter de lâcher prise. En apprenant à faire confiance et en à tolérer l’imperfection, le micromanager obtiendra un service plus performant, des collaborateurs plus engagés et tout le monde sera plus satisfait.

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Tout le monde y gagne

 

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Published inDévelopper son style

2 Comments

  1. Article intéressant, plein de vérités et de vécu. Je pense que le leadership et la capacité à impulser une vision fédératrice vient avec l’âge, et donc l’expérience, et donc les erreurs. Je suis moi-même jeune manager, avec une équipe plus expérimentée que moi, et vois que c’est un travers dans lequel on tombe facilement (le micro-management). Dès lors qu’on s’en rend compte, on peut prendre du recul sur soi-même et des situations. Dommage néanmoins que ce billet ne pointe que les défauts du micro-manager, sans se demander dans quel cas les « micro-managés » sont en cause, ou préfèrent une relation très proche.

    • Vincent - Destination Leadership Vincent - Destination Leadership

      Bonjour Yannig,

      Merci infiniment pour votre commentaire très constructif.

      Je ne partage qu’à moitié votre avis sur le fait que le leadership vienne avec l’âge. Bien qu’il soit clair que l’expérience aide à acquérir de la compétence et de la crédibilité, indispensables au leadership, certaines personnes manifestent la capacité de fédérer autour d’eux dès un très jeune âge. Mais votre raisonnement reste correct.

      Pour répondre partiellement à la fin de votre message, on distingue deux principaux facteurs qui font qu’une personne trouvera de la satisfaction dans une situation de micromanagement :
      – Le manque d’expérience
      – Le manque de confiance

      J’avais évoqué ceci (le besoin de structure / contrôle d’un collaborateur) dans cet article : http://destination-leadership.fr/2018/06/25/theorie-du-chemin-objectif/

      Merci à nouveau pour ce précieux commentaire et au plaisir d’échanger.
      Vincent

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