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Comment être un leader quand on est timide ?

Si vous aviez croisé cet homme quand il avait vingt ans, vous n’auriez jamais pu imaginer qu’un jour il mobiliserait une nation entière derrière lui et bouleverserait le destin de son pays.

Car il était d’une grande timidité, le regard des autres le terrorisait.

Enfant, ses seuls compagnons étaient ses livres et ses leçons. Quand il rentrait de l’école, il courait le plus vite possible pour éviter ses camarades.

Et son cas ne s’était pas arrangé en grandissant.

A 18 ans, il avait quitté son Asie natale et pris un bateau pour l’Angleterre. Mais il avait vécu une traversée bien difficile. L’équipage lui avait donné une fourchette et un couteau pour manger, mais le jeune homme n’avait jamais vu de couverts de sa vie, et il avait trop peur des autres pour leur demander comment s’en servir.

leader timide
Casse-tête Anglais

Après un voyage riche en émotions et pauvre en nourriture, il avait posé le pied en Grande Bretagne. Mais sa timidité continuait de le tourmenter.

C’était plus fort que lui, dès qu’il était entouré de plus de cinq personnes, sa gorge se raidissait et l’empêchait de parler il devenait « idiot ». Il détestait cette timidité, qu’il considérait comme de la lâcheté.

Pourtant, si vous l’aviez croisé vingt ans plus tard, vous n’auriez jamais osé le traiter de lâche. Car il menait une lutte acharnée contre un empire et inspirait des millions de personnes à rejoindre son combat. Il ne brillait pas par son charisme, mais il compensait avec une détermination et un courage sans faille.

Cet homme c’était Gandhi.

leader timide

Il nous a montré qu’on peut être un leader même quand on est timide.

Et dans cet article je vais vous expliquer la marche à suivre.

Je commencerai par vous présenter une forme de leadership alternative au leadership « classique »: le leadership doux. Puis j’évoquerai les défis qu’un timide doit relever pour devenir un leader. Enfin, je vous présenterai les trois forces sur lesquelles un timide peut s’appuyer pour affirmer son leadership.

Commençons immédiatement en abordant une forme de leadership méconnue : le leadership doux.

Diriger autrement : Le leadership doux

Inconsciemment, nous associons des qualités à certains mots.

Par exemple, si je vous dis mannequin, vous penserez à beauté. Si je vous dis parachutiste, vous penserez à courage. Et si je vous dis leader, vous penserez à charisme.

La majorité d’entre nous suppose que pour être un leader on doit posséder de la présence, être capable de séduire les autres avec ses paroles, les attirer à nous, telle une lumière brillante avec des papillons.

Et de nombreux grands leaders possèdent ce magnétisme.  De Napoléon à Steve Jobs, ces leaders nous éclaboussent de leur présence et leur génie.

Ce type de leadership s’appelle le « leadership héroïque » ou « leadership par la domination ». On suit les leaders qui utilisent ce style pour le sentiment de force qu’ils dégagent, pour leur intelligence, pour leur capacité à persuader.

leader timide
Un héros parmi tant d’autres

Et beaucoup d’apprentis leaders pensent qu’on ne peut pas devenir un leader sans cette capacité à s’imposer et à rayonner en société.

Alors que c’est tout à fait possible.

Car il existe une autre approche du leadership, moins flamboyante, mais tout aussi efficace: le « leadership doux ».

Un leader doux ne cherche pas à occuper le devant de la scène, ni à « en mettre plein la vue ». Moins doué à l’oral qu’un leader héroïque, il préfère « tirer les ficelles » depuis les coulisses.

Gandhi avait adopté ce type de leadership. Et il nous explique dans son autobiographie que sa timidité n’avait pas du tout gêné son leadership, bien au contraire :

 » Je dois dire que, à part m’exposer quelque fois à des moqueries, ma timidité n’a pas été un désavantage. Au contraire, elle a été un avantage. Mon hésitation à parler, qui autrefois m’ennuyait, est aujourd’hui un plaisir. Son plus grand bénéfice est de m’avoir enseigné l’économie des mots. (…)

Je ne me souviens pas avoir regretté quoi que ce soit que j’ai dit ou écrit. Ce qui m’a permis d’échapper à de nombreuses mésaventures et pertes de temps (…).

Un homme de peu de mots parlera rarement sans réfléchir, il mesurera chaque mot.  (…)

En réalité, ma timidité a été mon épée et mon bouclier, elle m’a permis de grandir. Elle m’a aidé dans mon discernement de la vérité »

Le leadership doux convenait parfaitement à la personnalité de Gandhi. Quand on voit ce que cet homme a réussi on comprend tout de suite que la timidité n’est pas un obstacle à l’accomplissement de grandes choses.

Et pourtant…

Comme nous allons le voir, si vous êtes timide et que vous voulez être un leader, vous allez devoir relever certains défis. Car vous devez posséder certaines capacités pour affirmer votre leadership.

Faisons un parallèle.

Vous pouvez être excellent sur un terrain de rugby, même si vous ne pesez pas cent kilos. Vous pouvez être bon rugbyman même sans être un monstre de puissance. Mais vous devez peser un minimum. Car même avec une technique parfaite, un chétif de quarante kilos ne pourra pas être au performant sur le terrain. Il manquera de « poids ».

leader timide

En leadership c’est exactement la même chose.

Les défis du leader timide

Refusée à sa propre fête.

Même elle n’aurait pas pu écrire une histoire si invraisemblable…

Car quand Agatha Christie se présenta devant le portier il ne la reconnut pas.

La fête était pourtant organisée en son honneur. Une adaptation de son oeuvre « Le piège à souris » avait battu le records de représentations dans les théâtres anglais, et pour fêter ça, l’équipe de production avait planifié une célébration dans un prestigieux hôtel.

Mais le portier refusait de la laisser entrer.

La pauvre Agatha, désemparée, ne dit mot. Au lieu de protester, de s’énerver, de s’agiter, elle s’assit toute penaude dans le hall. 

Elle était l’auteur la plus reconnue de son temps, mais pourtant elle restait paralysée par sa terrible timidité.

Je compatis totalement à cette situation. J’imagine le désespoir glacial qu’a ressenti Agatha quand elle a compris que le portier ne la laisserait pas passer et qu’elle ne trouverait pas le courage de protester.

Mais si vous voulez devenir un leader, vous allez devoir faire l’opposée d’Agatha et affronter votre démon. J’aimerais vous dire que vous pourriez vous en passer, mais je vous mentirais. Car on ne peut pas être un leader sans accepter d’être parfois sous le feu des projecteurs.

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Gandhi le premier l’admet. Lorsque sa conscience politique s’est éveillée, il a dû vaincre sa peur de parler en public. Sans ça il n’aurait jamais pu faire triompher ses idées.

Je ne vous parle pas d’acquérir l’éloquence de Barack Obama, mais vous devez avoir le minimum. Ne vous y trompez pas, je connais cette peur d’être jugée. Je connais cet effroi glacial qui serre la gorge quand tous les yeux se braquent sur nous. Je connais cette envie de se volatiliser dans un endroit où nous aurons la paix.

Mais ce monstre, cet ennemi, ce démon, vous allez devoir l’affronter si vous voulez devenir un leader.

Car qui voudrait suivre quelqu’un incapable de faire face à la pression ?

Vous avez le droit d’avoir peur de faire une présentation en public. Vous pouvez détester argumenter avec quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous. Vous pouvez haïr échanger des banalités avec un inconnu.

Mais vous devez savoir le faire, même pas très bien. Car c’est le minimum vital au leadership.

Je vous le répète, personne ne vous demande de devenir un grand communiquant. Mais vous devez pouvoir exécuter les tâches basiques qu’un leader rencontre sur sa route. Qui ne connaîtrait Gandhi aujourd’hui s’il n’avait pas vaincu ses peurs ?

La route du leadership est difficile, car un leader doit montrer l’exemple et affronter ses démons. Sinon comment pourrait-il prétendre à inspirer les autres ?

On ne devient pas un leader en restant caché dans un placard.

Si vous vous sentez prêt à faire ce travail, à vous exposer, à vous ouvrir aux autres, à prendre des risques, alors vous pourrez devenir un excellent leader doux.

Comme nous l’avons vu, le leader doux possède une approche différente. Il se moque d’épater les autres et de montrer sa valeur au monde. Pour limiter les interactions sociales tout en restant efficace, il s’appuie sur trois forces que nous allons voir maintenant.

Les trois forces d’un leader doux

Un leader doux utilise des outils différents d’un leader dominant pour se démarquer. Il appuie son leadership sur trois forces.

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1 – Une écoute impeccable

Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres.
Léonard de Vinci

Trop de personnes sous estiment le pouvoir de l’écoute. Elles oublient que communiquer ne revient pas seulement à s’exprimer mais aussi à comprendre.

Vous pouvez être un excellent communiquant même si vous ne parlez pas souvent. En accordant son attention totale à son interlocuteur, un leader doux lui offre une présence qu’il rencontre rarement.  Car la majorité des gens n’écoutent pas vraiment. Ils attendent de pouvoir parler et préparent la réponse dans leur tête, ils ne cherchent pas à vraiment comprendre ce que dit la personne en face d’eux.

Et le leader doux se sert de sa superbe écoute pour se distinguer.

Les gens veulent un leader qui soit proche d’eux, qui les comprennent et qui les laissent s’exprimer.  Alors, certes, un leader doux n’est pas le roi des blagues à la machine à café, mais avec son écoute il peut développer des relations profondes avec chacun de ses collaborateurs lors de discussions privées.

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2 – Une préparation irréprochable

Donnez-moi six heures pour abattre un arbre et je passerai les quatre premières à aiguiser ma hache.

Abraham Lincoln

Un leader doux compense ses difficultés de communication par une préparation irréprochable. Comme il n’aime pas occuper le devant de la scène, il s’assure que ses interventions aillent à l’essentiel. Il sait exactement ce qu’il va dire avant d’ouvrir la bouche et évite l’improvisation.

Et cela a ses avantages.

Comme Gandhi, il parle rarement sans réfléchir, il veille à ce que ses mots reflètent sa pensée. Même si cela prend du temps, préparer ses interventions lui permet d’être précis et efficace.

Pour ne pas être pris au dépourvu, le leader doux se prépare à toute éventualité. Ainsi, il étudie son sujet en profondeur et s’assurera de le maîtriser. Car il sait qu’il ne pourra pas utiliser son charisme pour se tirer d’une mauvaise situation.

Et délivrer des messages brefs et bien préparés rend son discours puissant.

Vous connaissez surement ces personnes qui noient leur message dans leurs paroles. A les écouter parler, on se demande souvent là où ils veulent en venir. On a même parfois l’impression qu’ils ne s’expriment pas mais qu’ils s’écoutent parler.

Une intervention précise et efficace vaudra toujours mieux qu’un long discours ennuyeux.

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3- Un sang-froid de cowboy

La tranquillité dans le tumulte, c’est ce qu’on appelle perfection.

Tchouang-Tseu

Les leaders doux dégagent une « énergie calme ».

Tel un sphinx, ils sont impassibles et donnent l’impression qu’ils peuvent essuyer une tempête sans bouger un sourcil.

Et cela leur confère un énorme avantage. Car lorsqu’on se laisse submerger par ses émotions on prend souvent de mauvaises décisions.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai souvent eu des mots durs sous le coup de la colère ou de la déception. J’ai laissé des tsunamis d’émotions me submerger et tout engloutir sur leur chemin. Et même quand j’avais raison, j’ai toujours regretté d’avoir laissé cette violence prendre le contrôle.

Quelqu’un qui évite les conflits, qui ne répond pas aux provocations, qui garde son calme en toute occasion, dégage une impression de force et de maîtrise.

Comprenez que beaucoup cherchent un leader sécurisant, une personne capable de les rassurer et d’apporter de la stabilité. Et le leader doux contrôle ses paroles et ses actes et dégage cette impression de force tranquille. Son admirable absence de réaction dans les situations difficiles lui confère une force immense.

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Conclusion: Comment être un leader quand on est timide ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, on peut devenir un leader même quand on est timide.

Gandhi nous a montré qu’il existait un autre type de leadership : le leadership doux.

Mais pour devenir un leader doux, une personne timide doit accepter de se mettre en danger et d’affronter ses peurs. Elle doit posséder le minimum « vital » (parler en public, argumenter, échanger des banalités).

Le leader timide qui acceptera de prendre des risques pourra développer un leadership doux. Pour celà il pourra s’appuyer sur trois forces :

  • Une écoute impeccable
  • Une préparation irréprochable
  • Un sang-froid de cowboy
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Ne laissez pas votre timidité vous empêcher de vivre !

Le leadership vous intéresse ? Alors venez découvrir votre style de leadership avec ce quizz.

 

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Published inDévelopper son style

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